Dix jours à Erbil / Ten days in Erbil

Après une première session (juin-juillet 2011 à Sulaimaniyah) dédié à la préparation du tournage (voir https://doku5.wordpress.com) , cette deuxième session visait à mettre en route le montage des films, de faire une mise à jour technique, d’établir une structure de récit pour chaque projet, ainsi qu’un protocole de communication pour que les tuteurs puissent assurer un suivi à distance. Les participants sont réalisateurs et monteurs.

Nous sommes a Erbil, dans les locaux du Centre Culturel Français où Stéphane Tellier le nouveau directeur nous accueille.

Plan de montage / editing structure

Une troisième session aura lieu à Paris fin novembre. Les réalisateurs irakiens finaliseront leurs films avec une équipe française et présenteront les œuvres à des décideurs de l’audiovisuels : chargés de programmes (ARTE, CFI et France Télévision, producteurs, directeurs artistiques de festivals, journalistes…)

Bilan:

Conformément à l’objectif de cet atelier un peu particulier par sa durée, nous pouvons espérer pour la fin de l’année 5, (peut-être 6) films de niveau professionnel d’une durée moyenne de 52′.

Sur les films sélectionnés en juin un seul n’a pas abouti, mais il a été remplacé par un autre film très prometteur.

Shenah Abdallah n’a pas réussi à tourner « Rebellious by Nature? » sur les femmes combattantes du PKK (guérilla kurde de Turquie). La cause: les combats font rage sur la montagne de Kandill où est replié la guérilla. L’aviation turque bombarde les camps, et les gardiens de la révolution iraniens font des incursions pour pourchasser les rebelles du PJAK retranchés eux aussi en Irak.

Baudouin et Horen Gharib

Par contre nous avons accueilli « Tombe une neige noire » le projet de Nabaz Ahmed et de Horen Gharib. Une troupe de théâtre répète une pièce de Sarah Kane à Sulaimaniyah; derrière l’adaptation une réflexion sur la guerre civile qui a opposé les partis kurdes dans les années 1990. Horen, le metteur en scène a donné à la troupe des petites caméra FLIP pour faire la chronique des répétitions, de la vie personnelle de chacun et des difficultés pour monter un projet artistique très politique. Des scènes et des personnages très forts, mais un très gros travail de construction à faire. Un projet très ambitieux.

Visionnage de "Killing Pleasure"

« Killing pleasure » le film sur l’excision et le plaisir féminin de Tavga est très avancé. Nous avons visionné une maquette (ours) de 54 minutes. Un gros travail de montage reste à faire pour chasser les répétitions dans le discours, et travailler le rythme. Nous avons aussi demandé à Tavga d’écrire et d’enregistrer une narration à la première personne.

Le film n'st pas fini, mais...

« Uncharted way » le film de Ali sur le mouvement de protestation à Tikrit nous permettra de découvrir une facette inédite de l’opposition politique en Irak. Cette ville où est né Saddam Hussein, où il est enterré aujourd’hui, paye pour son histoire. La majorité des hommes de Tikrit étaient soldats; en démantelant l’armée irakienne, Paul Bremmer à réduit la ville au chômage. Quand dans la foulée des révolutions arabes les Irakiens descendent dans la rue, ici le leader du mouvement est un ancien officier supérieur…

Ali est travailleur, mais très désorganisé. L’essentiel de notre travail a été d’aider Ali et Ahmed à structurer le récit, à établir un plan de montage, à écrire un commentaire indispensable pour faire comprendre une situation complexe.

Après visionnage d’un ours de 35′, nous avons suggéré le retournage de plusieurs interviews pour clarifier le propos.

Mariwan Raouf

Mariwan Raouf (Refugees, un film sur l’émigration kurde) n’a pas encore terminé son tournage; l’enquête a été longue et Mariwan a été pris par l’organisation de DoKu6 dont il est le responsable côté kurde.

Le film se présente comme une investigation qui nous mènera sur les traces des migrants en Irak et en Europe (archives), qui questionnera les raisons qui poussent à l’exil des centaines de jeunes kurdes.

Pendant ces 10 jours nous avons aussi rencontré  les responsables de l’OIM (Organisation Internationale des Migrations), qui ont décidé d’aider ce projet, et qui le projetteront dans le cadre de leurs campagnes de sensibilisations.

Un des personnage du film de San

Dans « Let me do my last dance before to kill me » San Saravan revient sur les manifestations sanglantes de février 2011 à Sulaimaniyah. C’est lui qui a fait la couverture la plus complète des évènements et qui a tourné les images les plus dramatiques au cœur de l’action. Avec le recul il décode, interroge, s’interroge, propose une réflexion sur sa société.

Si le film est très ambitieux et s’adresse résolument à une audience internationale, il est d’une grande complexité. Notre premier travail a été d’aider San à prendre du recul avec cette histoire dont il est un des acteurs, à lever des blocages. A la fin du stage, une structure avait vu le jour! Pas sans mal… Serge, le chef-monteur, va suivre le montage de prêt, par internet.

Rendez vous a été pris en octobre pour une session consacré au visionnage des ours (maquettes) à un stade d’aboutissement avancé. Y participeront Baudouin Koenig, Fulvia Alberti et Pascal Cesaro.

Pour conclure:

Des films à des stades différents mais ils seront prêts! Des histoires fortes et des stagiaires conscients des enjeux et de l’opportunité exceptionnelle de rencontrer des décideurs français, un niveau technique élevé.

On ne peut pas préjuger du résultat final, mais l’objectif de pousser un groupe de réalisateurs un cran plus loin semble porter ses fruits.

La difficulté est de maintenir une pression entre nos rendez-vous (phénomène auquel nous sommes confrontés depuis 4ans, depuis le début du projet). Il y a le syndrome de l’enfant gâté pour les plus privilégiés socialement, et les contraintes du travail quotidien pour les autres, mais ce n’est pas tellement différent de ce qui se passe chez nous en France. En tous cas cela nous oblige à un suivi à distance important par internet et téléphone.

Notre objectif avec le format particulier de DoKu5 est d’aider à produire des films et de faire émerger un groupe de cinéastes susceptible de faire fonction de locomotive pour une nouvelle génération de cinéastes.

Rendez vous à la fin de l’année pour en juger! Mais nous sommes sur la bonne voie.

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Dix jours à Erbil / Ten days in Erbil

  1. Gueguen ALice dit :

    Et bien bravo! Tout ça donne très envie… On peut voir des pré-montage?
    Bonne continuation pour la V6

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s